
Chers parents,
Le conflit, on a tendance à vouloir l’éviter à tout prix. Et pourtant, il a aussi ses vertus : il met les sujets sur la table, peut être libérateur et source d’améliorations. Tout est dans l’art et la manière de le gérer…
« La paix n’est pas l’absence de conflit, mais la capacité à y faire face. »
Gandhi.
Gestion du conflit = gestion des émotions
Marshall Rosenberg parle du conflit comme « l’expression TRAGIQUE d’un besoin insatisfait ». Il s’agit bien là d’un débordement d’émotion, d’un emportement, de quelque chose qui va nous dépasser. Pour « redescendre », l’intelligence émotionnelle va jouer un rôle central pour éviter l’escalade. J’utilise souvent l’image de l’escalade de la violence quand je parle de situations conflictuelles avec mes enfants. Quand ils vivent des conflits avec d’autres enfants à l’école, je les aide à comprendre comment et pourquoi il est nécessaire d’arrêter cette escalade. Nous sommes là pour les accompagner dans l’apprentissage de leur maturité émotionnelle.
Faut-il éviter les conflits ?
Cette question présuppose que cela est possible ? Mais est-ce tout le temps possible et est-il toujours préférable d’éviter les conflits ?
Est-ce toujours possible ? Quand les émotions sont de la partie, il me semble que selon notre implication affective, l’intensité de ces dernières peut nous dépasser. Nous pouvons cependant apprendre à exprimer nos émotions et nos besoins, de manière ferme et affirmée.
Quelles sont les situations où le conflit vous désarçonne ? Pour ma part, j’en ai identifié une en particulier : il s’agit des conflits entre mes enfants. Le conflit ne m’appartient pas mais leur conflit crée chez moi un conflit intérieur, une réaction désagréable.
Le conflit peut être salvateur. Je partage l’idée de François-René de Chateaubriand qui nous dit que « Les moments de crise provoquent un redoublement de vie chez les hommes ». Parfois l’émergence d’un conflit nous libère d’un poids, nous avons enfin pu dire ce que nous avions sur le cœur. Et ce conflit peut être à l’origine d’une évolution, d’un renouveau, d’une transformation.
Le conflit est finalement quelque chose de normal dans les relations humaines. Je dirais même que le conflit c’est la vie. Autrement dit, je pense que s’il n’y a jamais de conflit entre deux personnes, c’est finalement qu’il n’y a pas de lien, pas de relation, pas d’échange, pas d’amour. Ce n’est pas le conflit qu’il faut éviter mais la manière dont nous l’exprimons qu’il faut apprendre à ajuster. Pour revenir sur l’exemple des conflits dans la fratrie, vu sous cet angle, je me dis que les conflits de mes enfants leur apprennent à vivre ensemble, à trouver leur bonne place, à se réajuster et à s’affirmer. À moi de leur apprendre à le faire dans un cadre qui respecte l’autre.
Pourquoi est-il important de débattre ?
S’exprimer c’est s’affirmer. Exprimer un avis, une opinion, une volonté, c’est s’exposer à un potentiel désaccord ou conflit selon l’enjeu de la situation, mais c’est avant tout exprimer un besoin. Quand j’essaye d’éviter un conflit, je prends la décision de me taire… Vous imaginez la suite… J’accumule, j’emmagasine et doucement, mais sûrement, je suis en train de devenir une cocotte-minute prête à exploser…
Confronter ses idées pour les éprouver. Ne trouvez-vous pas enrichissant de partager nos points de vue à des personnes qui ne pensent pas comme nous ? Nos idées parlent de nos expériences, de notre vécu, de nos convictions. Les idées de l’autre parlent de ses expériences à lui, de son vécu, de ses convictions. Échanger nos idées peut réciproquement nous aider à comprendre l’autre, nous aider à affiner nos idées, voire à revoir notre jugement initial. Quoi qu’il arrive, quand il est possible d’échanger avec respect et bienveillance, nous gagnons toujours à partager nos idées.
Je vous souhaite une bonne semaine. Malgré les effets positifs des conflits, je ne vais tout de même pas vous en souhaiter, mais je vous souhaite de les affronter et d’y faire face avec le plus d’empathie et bienveillance possible.
Amélie



