
Chers parents,
Aujourd’hui, explorons les bienfaits de la colère et ses côtés positifs. Je vous propose un petit exercice : fermez les yeux et imaginez une scène où quelqu’un se met en colère. Décrivez la scène précisément : comment se comporte la personne en colère, quels mots utilise-t-elle ? Quelles sont les expressions de son visage ? Je suis sûre que vous serez nombreux à décrire des éclats de voix, un visage fermé, un regard noir et des paroles blessantes… C’est dire si la colère a une image erronée. N’y aurait-il pas confusion entre colère et violence ?
Je vous invite donc à poser un nouveau regard sur la colère. Puisqu’elle nous envoie un message, comprenons-la, accueillons-la et transformons-la en une expérience qui nous enrichit.
Cette fois-ci ce sont les écrits de Thomas Gordon psychologue clinicien qui s’inscrit dans le courant de la psychologie humaniste que je vous partage, notamment quand il s’agit de prendre soin de ma relation avec les autres
« La parole apaise la colère ».
Eschyle.
Accueillir la colère de nos enfants
Pour que nos enfants apprennent à vivre cette émotion comme quelque chose d’acceptable, nous nous devons de les accompagner. Leur apprendre à vivre l’émotion de la colère et à ne pas se laisser embarquer par elle. Pour cela, vous avez besoin de temps et d’une certaine prédisposition. L’idée est que nos enfants puissent trouver auprès de nous, un espace où ils déchargent le trop-plein.
Le syndrome du biscuit cassé vous connaissez ? Le biscuit cassé est le déclencheur de la crise, mais pas sa raison principale. C’est un grand classique chez nos enfants, mais soyons honnêtes, chez nous aussi 😉 En rentrant de l’école, vos enfants ont accumulé des émotions fortes et des frustrations pendant toute la journée. Le moindre prétexte sera alors le déclencheur de sa colère car il a besoin d’évacuer ce qu’il a accumulé toute la journée. Un biscuit cassé, un jouet emprunté par sa sœur ou encore un yaourt que l’on a ouvert à sa place. Et c’est à ce moment que notre accueil a toute son importance car une fois que l’enfant aura été écouté, que ses émotions auront été reconnues, il ira beaucoup mieux.
Nous fonctionnons d’ailleurs pareils. Ne nous sentons-nous pas mieux après avoir expliqué à une copine au téléphone ou à notre mari en rentrant à la maison notre mauvaise journée de travail, avec ce fameux collègue qui nous énerve tant ?
Exprimer sa colère sans blesser l’autre
Vos enfants n’arrêtent pas de se disputer or vous êtes fatigué et vous avez besoin de calme. Votre collègue a laissé une salle de réunion en désordre alors que vous en aviez besoin pour accueillir des clients. Votre ado a une énième fois oublié de faire la vaisselle de son déjeuner et elle traîne dans l’évier… Dans ces moments-là, comment s’exprimer pour à la fois faire respecter nos besoins tout en ayant à cœur de responsabiliser notre interlocuteur sans le blesser.
Ma rencontre avec la méthode Gordon a été une révélation. Thomas Gordon propose une approche respectueuse des besoins de chacun. L’un des outils qu’il propose c’est l’affirmation de soi par un message Je. En résumé, il s’agit d’une construction de message qui permet de s’exprimer de manière claire et respectueuse tout en affirmant nos besoins. Alors oui, cela nécessite un peu d’entraînement, mais les résultats sont réels pour la qualité de notre relationnel à l’autre !
Quand la colère devient une force
Pourquoi nous sentons-nous bien après avoir exprimé notre colère ? La colère nous permet d’affirmer notre identité et notre personnalité et nous permet de sentir notre puissance personnelle. Encore une fois, nous sommes parfaitement légitimes à dire ce qui ne nous convient pas. Le tout est de savoir comment le dire.
Et quand il y a trop-plein, pourquoi ne pas le transformer en quelque chose de positif ? Le sport ou une activité artistique peut nous aider à canaliser cette colère. Et n’oublions pas non plus que notre colère peut aussi être un vecteur de motivation pour défendre une cause qui nous tient à cœur par exemple. Sans cette colère, aurions-nous eu le courage de déployer autant d’énergie ?
A dimanche prochain.
Amélie



