
Chers parents,
La gestion des conflits est aujourd’hui une compétence largement appréciée par tous, voire recherchée… Et pourtant, conflit, dispute, désaccord… Appelez-les comme vous le voulez, ce qui est sûr c’est que nous sommes nombreux à les redouter, n’est-ce pas ?
« Tout conflit est l’expression tragique d’un besoin insatisfait. »
Marshall Rosenberg.
Le conflit : un rapport de force qu’il faut gagner
Le conflit marque une opposition forte entre deux personnes ou groupes de personnes. S’opposer c’est exprimer son désaccord, dire non, exprimer un avis différent. Qu’il soit d’ordre politique, économique ou encore social, le conflit sépare et divise les membres d’un groupe, d’un pays, d’une communauté, les membres d’une équipe, d’une famille, d’une fratrie.
Les conséquences d’un conflit sont rarement positives. La plupart du temps, il y a un gagnant et un perdant. Un dominant et un dominé. Celui qui décide et celui qui exécute… Le conflit pose inévitablement la question de l’autorité et du pouvoir.
Le débat : art oratoire ou échange d’idées
Dans notre imaginaire collectif, mais surtout dans notre réalité de tous les jours, le débat est rarement synonyme d’un échange respectueux d’écoute et d’accueil d’un point de vue différent. Nous glissons rapidement du partage et de l’échange d’idées, à une volonté de « remporter la partie ». L’objectif n’est plus de s’enrichir d’idées différentes des nôtres, mais de rallier tout le monde derrière soi, de convaincre. Finalement débattre ressemble souvent à l’art de mettre les conflits sur la table !
« Je ne suis pas d’accord ». Si tu oses t’exprimer ainsi, ce qui était une conversation risque de se transformer en discussion animée. Entre désaccord et conflit, il n’y a souvent qu’un pas. Le clan des « pour » s’oppose au clan des « contre ».
J’aime avoir raison. Et vous, aimez-vous avoir raison ? Je pourrais poser la question autrement : qui aime avoir tort ? A priori personne. On aime avoir raison car on attribue souvent de la valeur à la personne qui parle plutôt qu’à l’idée émise. Et c’est là où tout se complique…
Je n’aime pas que les autres ne soient pas d’accord avec moi. Nos divergences, nos désaccords créent une tension, une résistance. Pourquoi ? Là encore, c’est la valeur des interlocuteurs qui est en jeu. D’où le rapport de force et la posture offensive / défensive qui s’installe.
J’ai été frappé lors d’une soirée électorale de la réaction de mes enfants qui regardaient le JT avec nous. À 8 et 10 ans, ils ne comprenaient pas tout, cependant au bout de quelques minutes ma fille nous dit « c’est dingue, tout le monde parle en même temps, ils ne s’écoutent pas, on ne comprend rien à ce qu’ils disent » Tout était dit… Mais au-delà des débats télévisés qui sont un triste spectacle de nos hommes politiques et médiatiques, posons-nous la question de nos comportements dans notre vie quotidienne.
D’où viennent nos conflits ?
Le conflit, quel qu’il soit, trouve ses origines dans nos différences. Nos différences culturelles, d’éducation, de valeurs… Un point de vue divergeant, un désaccord, une incompréhension, un malentendu, une maladresse… Et la communication dysfonctionne, le conflit est là. Je trouve que Marshall Rosenberg résume très bien le conflit comme « l’expression d’un besoin insatisfait ». Besoin de reconnaissance, de sécurité, d’empathie, d’autonomie…
Très bonne semaine à vous
Amélie



