
Chers parents,
Que nous disent nos émotions ? Comment accompagner votre enfant pour qu’il apprenne à vivre avec sans en être prisonnier ?
« Les émotions les plus belles sont celles que tu ne sais pas expliquer. »
Charles Baudelaire.
Joie, colère, tristesse, peur : que nous disent-elles ?
Nos émotions expriment un besoin satisfait ou non satisfait. La colère, la tristesse, la peur nous indiquent que quelque chose ne va pas : ce qui est en train de se passer n’est pas OK pour nous. Ces émotions nous poussent à agir : combattre, fuir ou se protéger.
La joie, quant à elle, valide un état de bien-être. Elle a un impact sur nos ressources intellectuelles physiques et sociales. Elle génère de l’enthousiasme et de la motivation. Elle agit sur notre ouverture à l’autre et notre curiosité sur le monde.
En atelier, nous prenons le temps de « décortiquer » chaque émotion.
La joie : d’où vient-elle ? Est-il possible d’être joyeux sans raison ? Que ressentons-nous quand nous sommes joyeux ? La joie est-elle contagieuse ?
La colère : pourquoi se met-on en colère ? Est-ce utile ? Comment s’exprime-t-elle ?
La tristesse : qu’est-ce qui nous rend triste ? Pourquoi est-on triste ? Que ressent-on nous quand on est triste ?
La peur : de quoi a-t-on peur ? Est-ce utile d’avoir peur ? Que faire pour surmonter sa peur ? Quand on devient adulte, a-t-on encore peur ?
En posant des mots, les enfants comprennent mieux ce qu’ils vivent dans leur quotidien.
Mon enfant est sensible, comment faire ?
Être sensible c’est tout simplement être vivant, j’extrapole la définition d’Aurelia Monaco qui définit l’hyper sensibilité dans son livre J’assume mon hypersensibilité et je retrouve ma liberté, comme « être hyper vivant ». Votre enfant semble être un dur qui encaisse ou votre enfant a les larmes qui montent aux yeux plusieurs fois dans la journée, rien à faire, ils sont tous les deux sensibles mais ne l’exprime pas de la même façon ! Ce qui est sûr c’est nos enfants sont tous sensibles à des degrés différents. Certaines phrases vont glisser sur des enfants quand elles vont être très mal vécues par d’autres.
Mon fils fait partie des sensibles avec « les larmes qui montent aux yeux plusieurs fois dans la journée ». Il vit intensément chaque moment de sa journée, il peut passer du rire aux larmes en 2 secondes. Il vit très mal les injustices envers lui mais aussi envers les autres. Il prend parfois un rôle de justicier / moralisateur dans sa classe ce qui n’est pas au goût de tous. Récemment il m’a dit « en fait c’est nul d’être sensible, ça m’attire que des ennuis. J’aimerais être comme Tiphaine (ndlr : sa sœur) qui sait se défendre ». Dans cette phrase, il a tout dit, il a besoin d’apprendre à se défendre, c’est-à-dire à poser ses limites et à les exprimer.
Sommes-nous libres de nos émotions ?
Il me semble que l’enjeu est bien celui-là : faire de nos émotions des alliés pour garder notre liberté et de pas rester prisonnier de nos émotions non vécues. Encore une fois, comment aidez nos enfants dans leur tsunami émotionnel ? Offrons-leur un espace de sécurité où ils peuvent décharger leurs émotions et aidons-les à poser des mots sur ce qu’ils vivent.
Amélie



